Archives mensuelles: novembre 2014

 

Quelles méthodes pour la technologie ?

Publié 30.11.2014 par This, vo Kientza

Je m'étais promis de revenir un jour sur la question de la méthodologie de la technologie. Commençons par analyser la question : la technologie, c'est l’amélioration des techniques. On voit au moins deux possibilités : soit on utilise des résultats scientifiques nouveaux dont on fait l'application, soit on fonctionne de façon autonome, différemment. Mais cela est bien abstrait ; considérons deux exemples. Est paru il y a peu un article qui dit comment différents aliments désodorisent l'haleine, après que l'on... Lire la suite

Donnons de la mémoire aux institutions

Publié 29.11.2014 par This, vo Kientza

Il y a au moins deux institutions scientifiques de ma connaissance qui ont bénéficié, pendant quelques décennies, de remarquables compétences scientifiques et humaines d'hommes aujourd'hui retraités. Dans les deux cas, ces hommes (cela aurait pu être des femmes, mais les exemples auxquels je pense sont ainsi) étaient chefs de département, mais des "chefs" qui faisaient penser, au lieu d'imposer ; deux hommes bienveillants, scientifiquement compétents, qui, au lieu de s'accrocher à leur poste comme tant de vieux crabes que l'on... Lire la suite

Comment s’y prendre, en laboratoire ?

Publié 26.11.2014 par This, vo Kientza

Il y a des idées que j'aime beaucoup, notamment quand elles résolvent des questions que je me suis posées. C'était en 1969 : pour la fête des mères, je voulais préparer une essence de violette, et j'avais en prévision un entraînement à la vapeur d'eau. Mais, à l'époque, je n'avais qu'une cornue à l'ancienne, en verre, une lampe à alcool, un trépied muni d'une grille de fer. Je m'étais procuré des violettes, et il fallait donc me lancer. Ce fut... Lire la suite

23 novembre 2014 : L’enseignement continué

Publié 23.11.2014 par This, vo Kientza

On aura observé que j'ai utilisé le mot « enseignement », et non le mot « éducation », ex ducere, faire sortir du chemin. Oui, je propose de bien parler d'enseignement, avec un enseignant et un enseigné, même si la mode n'est pas à de telles distinctions, en ces temps d'égalitarisme idiot où l'on voudrait naïvement gommer les différences. Tant que les faits ne m'auront pas montré que tous les étudiants sont capables d'obtenir leur savoir en parfaite autonomie, la conclusion s'impose : il... Lire la suite

Pourquoi la préhistoire de la gastronomie moléculaire nous a conduit à une définition peut être trop large de la discipline ?

Publié 16.11.2014 par This, vo Kientza

La gastronomie moléculaire est la discipline scientifique qui explore les phénomènes qui surviennent lors de la préparation des mets. De la préparation, ou bien de la préparation et de la consommation ? La question est souvent discutée, et il y lieu de bien s'interroger, avant de trancher définitivement. Souvent, l'histoire des sciences donne des clés, et c'est un fait que, en 1786, Benjamin Thompson, devenu plus tard comte Rumford, identifia (« découvrit ») le phénomène de convection en se brûlant avec une soupe... Lire la suite

Pas d’adjectifs, pas d’adverbes

Publié 14.11.2014 par This, vo Kientza

La mauvaise littérature fait un usage déraisonnable des adjectifs et des adverbes, tombant facilement dans le cliché ou la périssologie (la forme fautive du pléonasme) : « le blanc manteau immaculé de la neige », « un terrible drame »… L'épithétisme non voulu est redoutable, et les auteurs naïfs ne doivent pas s'étonner que leurs manuscrits soient si facilement refusés : une lecture d'un paragraphe suffit souvent à se faire une idée de la médiocrité des textes médiocres. Evidemment, en écrivant ce qui précède, je... Lire la suite

Le manteau du Père Noël est bleu

Publié 11.11.2014 par This, vo Kientza

Vous avez est bien lu : j'ai écrit que le manteau du père Noël est bleu. Cette déclaration est évidemment une façon de me moquer de ceux qui comptent le nombre d'anges sur la tête d'une épingle, comme le faisaient les théologiens du Moyen Âge. Si les anges n'existent pas, on peut passer inutilement des siècles à discuter de leur taille et de la possibilité qu'ils tiennent sur la tête d'une épingle. De même pour le père Noël, qui, puisqu'il... Lire la suite

Une conclusion : une façon de rendre mémorable

Publié 11.11.2014 par This, vo Kientza

Lors de la célébration des dix ans de l'Institut des Hautes Etudes de la Gastronomie, nous avons organisé une conférence. Elle avait lieu dès le début de l'après-midi, moment de la journée qui n'est pas particulièrement propice à l'attention ! Comment pouvions-nous éviter l'assoupissement post-prandial ? Nous comptions évidemment sur le talent des orateurs que nous avions invités ; plus exactement, la Connaissance des intellectuels qui nous avaient fait l'amitié de participer à la conférence. Toutefois, nous avons voulu faire mieux, et nous... Lire la suite

La question de l’estragole

Publié 02.11.2014 par This, vo Kientza

Les faits sont les faits, et la mauvaise foi qui nous fait humain ne peut les abattre ; elle peut seulement nous aider à « vivre mieux », en nous empêchant de les voir. Les viandes cuites au barbecue sont chargées de benzopyrènes cancérogènes ? C'est un premier fait. La consommation de tels produits conduit à des cancers digestifs ? C'est un autre fait, qui découle des études épidémiologiques effectuées en Europe : les peuples qui mangent le plus de produits fumés souffrent plus que les... Lire la suite

Bien manger, de quoi s’agit-il ?

Publié 01.11.2014 par This, vo Kientza

Il y a « manger », et « bien manger ». Jean-Anthelme Brillat-Savarin (j'ai scrupule à le citer : n'importe quel gourmand le connaît) disait que l'animal se repaît, l'homme mange, et seul l'homme d'esprit sait manger, mais je n'aime guère la citation, qui oublie la femme et qui distingue des hommes et des hommes d'esprit. Nous sommes tous d'esprit, puisque nous sommes humains, et je propose de donner à chacun la possibilité de ne pas tomber dans une catégorie trop définitive. D'ailleurs, les prétendus... Lire la suite