Cette semaine, la fête de la science.


Cette semaine, pour ce qui me concerne, plusieurs actions dans le cadre de la fête de la science, un rite maintenant, depuis plus de 15 ans.
Pendant la fête de la science, il y a des événements variés, mais j'ai l'impression que la plupart sont à l'attention des élèves, des collégiens, des lycéens... C'est là une acception très réduite de ce que peut être une fête de la science. Avant de discuter cette question, examinons  les actions que nous organisons.

Il y aura d'abord cette conférence pour les élèves des lycées hôteliers, mardi matin, au Lycée Guillaume Tirel, à Paris. Là, l'objectif sera de montrer à ces élèves que la science  est une chose merveilleuse. A quoi bon ? A leur faire comprendre que les techniques culinaires peuvent être rénovées par l'application des sciences ? C'est là de la morale, et non une  fête de la science. A partager un émerveillement pour la science ? Pourquoi pas,  car ces jeunes cuisiniers seront plus tard des  contribuables, qui devront  accepter (ou non) de subventionner la science nationale.

Puis mercredi après-midi, nous recevrons des enseignants, pour discuter  la question des Ateliers expérimentaux du goût et des Ateliers science & cuisine, à AgroParisTech. Là  l'enjeu est encore politique plutôt que festif : les Ateliers expérimentaux du goût ont été introduits dans les écoles primaires en 2000, et je ne cesse de diffuser la méthode, de l'expliquer,  afin que des professeurs de plus en plus nombreux la mettent en œuvre dans leur classe. En quoi cela fait-il une fête ? Plutôt que du prosélytisme, je crois qu'il sera plus avisé de partager avec le professeur qui se rendront à cette manifestation  le bonheur de la science, l'excitation des découvertes. Ce serait merveilleux si chacun d'entre nous sortait de cette séance avec les yeux qui brillent de bonheur, le cœur débordant d'envie d'étude, de connaissance...

Puis, jeudi après midi, toujours à AgroParisTech nous recevons des collégiens et des lycéens, et, là encore, la visite risque d'être utilitaire parce qu'ils ont à faire des « travaux personnels encadrés » (TPE ou  TIPE), et qu'il faudra évidemment leur donner les informations dont ils ont besoin pour leurs travaux, mais est-ce encore une fête ? Décidément, on en revient toujours à la même conclusion, pour qu'il y ait « fête de la science », il faut qu'il y ait partage d'une excitation intellectuelle, d'un émerveillement...

Enfin, la question : et pour tous ceux qui ne sont pas élèves ? Toutes les actions que nous faisons sont ouvertes à tous.  Vive les sciences quantitatives produites, partagées, utilisées !


2 commentaires pour “Cette semaine, la fête de la science.”

  1. Bertrand Répondre | Permalink

    Avant il y avait la fête Dieu.
    Maintenant, il y a la fête Science.
    Culte laïque et obligatoire de l'Etat moderne.
    Prosternez-vous enfants!
    Et rendez grâce à la puissance tutélaire des sociétés industrielles!
    Alléluiya!!!

  2. This Répondre | Permalink

    Je ne suis pas certain que ce soit pareil, mais, au fond, cela ne coûte rien de faire la comparaison.
    En revanche, clair divergence de point de vue sur les "sociétés industrielles". D'une part, l'industrie n'est pas un péché en soi, et d'autre part, je crois que les "technosciences" n'existent pas. Ce n'est pas en prononçant un mot que l'on fait exister une entité (pensons à "carré rond", ou "père Noel").

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