le talent fait ce qu’il peut, et le génie fait ce qu’il doit

12.09.2016 par This, vo Kientza, dans Des questions

Hier, j'ai trouvé cette formule rigolote : le talent fait ce qu'il peut, et le génie fait ce qu'il doit.

On sait mon attitude ambivalente pour ce qui concerne les formules et les arguments d'autorité en général. Ce n'est pas parce qu'une phrase a été dite, ce n'est pas parce qu'elle est concise et efficace du point de vue de la communication, ce n'est pas parce qu'elle a été dite par une Autorité, que je considère que l'idée portée par la phrase est juste.

Surtout j'ai bien appris à ne pas chercher de qualités à des objets qui n'existent pas. J'ai discuté ailleurs la question de savoir si le manteau du père Noël était rouge ou bleu, et j'ai rapproché ce questionnement de celui de certains clercs du Moyen Âge, qui se demandaient combien d'anges pouvaient tenir sur la tête d'une épingle, prototype de la question contestable, car si les anges n’existent pas, il n'y a pas lieu de s'interroger sur leurs qualités, ou sur leur nombre.

Le talent ferait ce qu'il peut et le génie ce qu'il doit ? Je propose de nous interroger : le talent existe-t-il ? Et le génie ?

Nous avons tous des acceptions très idiosyncratiques, surtout pour les termes un peu extraordinaires, et je prends ici le mot « extraordinaire » au sens littéral. Qu'est ce que le talent ? Qu'est-ce que le génie ? En l’occurrence, l'auteur sous la plume de qui j'ai trouvé la formule précédente, définissait talent et génie par la formule précédente.

De même, ailleurs, j'ai cité cette phrase : ne touchons pas au idoles, car ils nous restera de l'or aux doigts. Là encore, la formule permettrait de définir les idoles et l'on admettra avec un peu de réflexion qu'une idole est quelque cchose d’idolâtré, mais peut-être pas pour de bonnes raisons !

Il y a donc cette possibilité de définir le talent et le génie par la formule précédente : dans cette hypothèse, il n'y a plus qu'à chercher, parmi nos amis et connaissances, si elles font ce qu'elles peuvent ou ce qu'elles doivent. Quelqu'un qui fera ce qu'il doit sera un génie ; cela ne signifie pas qu'il ait des caractéristiques supérieurs, mais seulement qu'il a cette caractéristique de faire ce qu'il doit.


3 commentaires pour “le talent fait ce qu’il peut, et le génie fait ce qu’il doit”

  1. Bidibulle Répondre | Permalink

    Et autrement moins oiseusement pompeux (Haaaaa, bah je réponds "à la manière de", pour être compris).

  2. André zawadzki Répondre | Permalink

    Cher Monsieur

    Il m’est agréable de vous préciser que si vous n’avez pas tort dans votre citation (même si elle est inversée), le commentaire qui suit est, en partie, vrai aussi.
    En effet, cherchant moi-même l’auteur de cette citation (et arrivant d’ailleurs ainsi sur votre blog que je ne connaissais pas, funeste manque), j’ai trouvé sur un autre site, les explications suivantes :
    - la phrase citée par votre commentatrice a été formulée par Paul Valéry lors d’une visite, le 21 juin 1932, d’une exposition Picasso, avec Julien Green, en l’attribuant à Ingres (mais, en précisant dans son journal, qu’il n’en est pas très sûr). De fait, après de longues recherches, l’auteur du site en question n’a pu en trouver la source ;
    - mais ses recherches lui ont permis de retrouver une phrase comparable, mais un peu différente : « genius does what it must, and talent does what it can », soit votre formulation mais à l’envers, et en anglais. En effet, l’auteur en est owen Meredith, poète anglais et nom de plume de Edward Robert Bulwer-Lytton (8 novembre 1831, Hertford – 24 novembre 1891, Paris), 1er comte de Lytton, vicomte de Knebworth et 2e baron de Lytton de Knebworth, par ailleurs diplomate et homme d'État.
    j’en tire deux conclusions, la fragilité des témoignages dits historiques, votre immense culture poétique !!!
    J’en profite pour citer le blogueur québecois en question à savoir Gilles G. Robin, pédagogue et collectionneur de citations et d’incipit (jobineries sur monsieur Google).
    Je suis d’autant plus heureux de restaurer ainsi la crédibilité de votre écrit (humour), que, cuisinier très amateur, j’admire et pratique depuis très longtemps vos travaux. J’ajoute qu’ayant dirigé, dans les années 90/2000, un institut de recherche professionnel agricole, j’ai pu nouer des relations trais empathiques avec plusieurs responsables et chercheurs de l’INRA (notamment Claude Béranger), nous sommes presque ex-collègues.
    Bien cordialement

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